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À l’heure où l’urbanisation s’accélère et où le béton remplace les espaces naturels, comment recréer un lien sensible entre les citoyens et la nature qui les entoure ? La réponse se trouve peut-être à la croisée de l’électrophysiologie végétale et du design d’interaction. À travers le concept émergent de la médiation numérique du vivant, la technologie n’est plus perçue comme un écran froid qui nous sépare de l’environnement, mais bien comme un amplificateur de sa voix silencieuse. Dans ce contexte, l’art génératif s’impose comme un médium puissant pour traduire cette complexité invisible.

Qu’est-ce que la Médiation Numérique du Vivant ?

Contrairement aux idées reçues, les plantes ne sont pas des organismes inertes. Elles réagissent en permanence à leur environnement (température, taux d’humidité, luminosité, ou même stress urbain lié à la pollution) via de subtiles variations électrochimiques. La médiation numérique du vivant consiste à capter ces précieuses bio-données. Pour cela, nous utilisons des capteurs GSR (Galvanic Skin Response) non invasifs, qui respectent l’intégrité de l’organisme végétal, pour traduire ces signaux en expériences visuelles et sonores en temps réel.

Dans ce dispositif, l’arbre ou la plante devient alors le véritable chef d’orchestre d’une installation d’art generatif. Ce processus profondément interdisciplinaire mêle les sciences de l’environnement, le développement logiciel spécialisé (comme le Creative Coding ou l’utilisation de logiciels nodaux comme TouchDesigner) et l’ingénierie matérielle (via l’intégration de microcontrôleurs Arduino et de capteurs IoT). L’objectif est clair : rendre visible l’invisible et donner une matérialité numérique au métabolisme végétal.

« Territoires Sensibles » : L’Art au Service de l’Inclusion Écologique

Ce changement de paradigme fondamental a été au cœur des réflexions menées lors du 42e colloque international de l’ISIAT, organisé à l’IUT Bordeaux Montaigne en janvier 2026. L’enjeu de cet événement était de taille : repenser l’animation socio-culturelle à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle. C’est dans ce cadre, et en partenariat avec l’association Unisphères, qu’a été pensé ce projet alliant inclusion sociale, éducation et innovation.

Le projet Territoires Sensibles illustre parfaitement cette dynamique. En transformant les micro-variations énergétiques de la flore locale en cartographies lumineuses évolutives, l’art numérique devient un outil de sensibilisation écologique particulièrement efficace pour le grand public. L’art generatif ne se contente plus de produire des formes aléatoires ; il crée des structures directement corrélées à la santé et à l’activité de notre écosystème.

Cette approche pédagogique et collaborative a d’ailleurs largement fait ses preuves lors du récent workshop « Phytographies » que j’ai mené à l’ESD Bordeaux. Les étudiants en design numérique ont pu expérimenter cette méthodologie et co-créer des environnements interactifs fascinants, dont les paramètres étaient littéralement dictés par les humeurs végétales captées sur le campus.

L’esthétique Néo-Zellige Arcade : Une Nouvelle Narration Visuelle

Mais comment traduire visuellement la complexité métabolique d’un arbre urbain de manière pertinente ? Au-delà des simples graphiques de données abstraits qui peuvent manquer d’attrait pour le grand public, l’exploration de l’esthétique « Néo-Zellige Arcade » s’impose comme une signature visuelle majeure pour ces installations en espace public.

En fusionnant la géométrie sacrée, mathématique et traditionnelle du zellige marocain avec les codes visuels rétro-lumineux de l’arcade et du pixel art, on obtient des architectures digitales uniques et captivantes. Chaque impulsion électrique de la plante génère, complexifie, ou illumine ces motifs en temps réel. Cette direction artistique permet d’enrichir considérablement la narration. Elle confronte notre héritage culturel ancestral, la structure technologique rigide de la « Smart City », et la fluidité organique inhérente à la nature. C’est une appropriation poétique et sensorielle immédiate pour le passant, qui redécouvre l’arbre sous un jour nouveau grâce à l’art generatif.

De la Captation (Hardware) à la Visualisation (TouchDesigner)

La réussite et la viabilité de ces installations interactives reposent sur une chaîne technique d’une grande rigueur. L’art generatif nécessite des données d’entrée fiables pour produire des résultats cohérents.

  • Acquisition du signal et conditionnement : L’utilisation d’amplificateurs d’instrumentation et de convertisseurs analogique-numérique de très haute précision est indispensable pour lire les micro-voltages de la sève, et ce, sans être perturbé par les interférences électromagnétiques urbaines (le bruit du réseau électrique, par exemple).
  • Traitement et transmission IoT : Une fois captées, les données (incluant les signaux GSR, mais aussi les relevés microclimatiques comme la température et la luminosité) sont formatées et transmises en réseau de manière robuste via le protocole OSC (Open Sound Control).
  • Live Rendering et conception générative : Enfin, c’est l’utilisation de logiciels nodaux puissants comme TouchDesigner ou de scripts de programmation visuelle en p5.js qui permet de générer des systèmes de particules, des dynamiques de fluides ou des structures géométriques complexes, le tout réagissant en direct au flux d’énergie de la plante.

Envie d’explorer les territoires sensibles de demain ?

Le numérique de demain sera inévitablement organique, participatif et profondément ancré dans son territoire. L’innovation technologique doit désormais se mettre au service de la reconnexion avec notre environnement. Pour découvrir les détails techniques de ce protocole de recherche-création, analyser les algorithmes utilisés (comme les simulations de Fluid Dynamics ou les approches Random Walker) et explorer les œuvres générées par cette co-création avec le végétal, je vous invite à plonger dans l’univers de ce projet inédit.plorer les œuvres générées par cette co-création avec le végétal, je vous invite à plonger dans l’univers de ce projet inédit.uvres générées par cette co-création avec le végétal, plongez dans l’univers du projet.

👉 Découvrez le projet complet : Territoires Sensibles – Médiation Numérique du Vivant

Generative Art & Bio-Data: When Plants Become Co-Creators of the Smart City

As urbanization accelerates and concrete replaces natural spaces, how can we rebuild a sensitive, living connection between citizens and the nature around them? The answer may lie at the intersection of plant electrophysiology and interaction design. Through the emerging concept of Digital Mediation of the Living, technology is no longer seen as a cold screen separating us from the environment, but as an amplifier of its silent voice. In this context, generative art becomes a powerful medium for translating invisible complexity into tangible experience.

What Is Digital Mediation of the Living?

Contrary to common belief, plants are not inert organisms. They continuously respond to their environment—temperature, humidity, light levels, and even urban stress linked to pollution—through subtle electrochemical variations. Digital Mediation of the Living consists of capturing these valuable bio-data signals. To do so, we use non-invasive GSR (Galvanic Skin Response) sensors, designed to preserve the integrity of the plant organism, and translate these signals into real-time visual and sonic experiences.

Within this system, the tree or plant becomes the true conductor of a generative art installation. This deeply interdisciplinary process merges environmental science, specialized software development (such as creative coding or node-based tools like TouchDesigner), and hardware engineering (through the integration of Arduino microcontrollers and IoT sensors). The goal is clear: make the invisible visible, and give a digital materiality to plant metabolism.

“Territoires Sensibles”: Art in Service of Ecological Inclusion

This fundamental paradigm shift was at the heart of the discussions held during the 42nd ISIAT International Conference, hosted by IUT Bordeaux Montaigne in January 2026. The stakes were significant: rethinking socio-cultural facilitation in the age of digital technology and artificial intelligence. Within this framework—and in partnership with the Unisphères association—this project was conceived at the crossroads of social inclusion, education, and innovation.

Territoires Sensibles perfectly embodies this dynamic. By transforming the micro-energy variations of local flora into evolving luminous cartographies, digital art becomes a particularly effective tool for ecological awareness for a broad audience. Generative art no longer merely produces random shapes; it generates structures directly correlated to the health and activity of our ecosystem.

This collaborative, pedagogical approach has already proven its impact during the recent “Phytographies” workshop I led at ESD Bordeaux. Digital design students were able to experiment with this methodology and co-create fascinating interactive environments—whose parameters were quite literally dictated by the plant “moods” captured on campus.

The Neo-Zellige Arcade Aesthetic: A New Visual Narrative

But how can we visually translate the metabolic complexity of an urban tree in a way that truly resonates? Beyond abstract data charts—often too cold or unengaging for the general public—the exploration of the “Neo-Zellige Arcade” aesthetic emerges as a strong visual signature for public-space installations.

By fusing the sacred, mathematical, and traditional geometry of Moroccan zellige with the retro-luminous codes of arcade culture and pixel art, we obtain unique and captivating digital architectures. Each electrical impulse from the plant generates, enriches, or illuminates these motifs in real time. This artistic direction greatly expands the narrative: it confronts our ancestral cultural heritage, the rigid technological structure of the “Smart City,” and the organic fluidity inherent to nature. For passersby, it becomes an immediate poetic, sensory appropriation—rediscovering the tree in a new light through generative art.

From Signal Capture (Hardware) to Visualization (TouchDesigner)

The success and viability of these interactive installations rely on a technically rigorous pipeline. Generative art requires reliable input data to produce coherent outputs.

Signal acquisition and conditioning
The use of high-precision instrumentation amplifiers and analog-to-digital converters is essential to read the micro-voltages of sap without being disrupted by urban electromagnetic interference (such as electrical grid noise).

IoT processing and transmission
Once captured, the data—including GSR signals and microclimatic measurements such as temperature and light—are formatted and transmitted robustly over the network via the OSC (Open Sound Control) protocol.

Live rendering and generative design
Finally, powerful node-based software like TouchDesigner, or visual programming scripts in p5.js, make it possible to generate particle systems, fluid dynamics, or complex geometric structures—everything reacting live to the plant’s energy flow.

Ready to Explore Tomorrow’s Sensitive Territories?

Tomorrow’s digital world will inevitably be organic, participatory, and deeply rooted in place. Technological innovation must now serve the reconnection with our environment. To dive deeper into the technical details of this research-creation protocol, analyze the algorithms involved (such as Fluid Dynamics simulations or Random Walker approaches), and explore the works generated through this co-creation with the living, I invite you to step into the universe of this unique project.

👉 Discover the full project: Territoires Sensibles — Digital Mediation of the Living