La halqa : une interface avant l'informatique
Sur les places du Maroc, un cercle se forme autour du conteur : la halqa. Ce cercle n'est pas un décor. C'est un système de captation collective — densité, orientation, silence, mouvement d'ensemble — qui capte et répond à un groupe entier. Un protocole d'interaction qui fonctionne depuis des siècles, sans une seule ligne de code.
Cette intuition est le point de départ de HALQA, un atelier de conception et de prototypage d'expériences immersives où le mouvement collectif devient la commande.
Du corps-interface au groupe-interface
La plupart des formations en art numérique et en design d'interaction enseignent que le corps devient une interface : un geste, une main, une silhouette. HALQA déplace la focale : ici, on travaille le groupe comme interface. Ce n'est pas une somme d'individus captés séparément, mais une dynamique collective — un flux, une synchronie, une négociation.
Trois régimes d'interaction collective
1. Agrégat — le groupe est capté comme une masse : densité, flux, chaleur. Personne n'est identifié, tout le monde agit. Techniquement : blob tracking, optical flow, cartes de densité.
2. Coordination — le système récompense la synchronie : l'image ne s'ouvre que si plusieurs corps bougent ensemble. Techniquement : pose estimation multi-sujets, analyse de phase.
3. Négociation — les participants ont des rôles asymétriques et doivent se parler pour avancer. C'est là que le dispositif cesse d'être une démonstration technologique pour devenir une œuvre. Techniquement : zones, seuils, états partagés.
Les outils : de la vision par ordinateur au son
La chaîne va du capteur au sens : vision par ordinateur et suivi du mouvement (MediaPipe, OpenCV), mise en forme temps réel (TouchDesigner, p5.js / Processing), et transport vers le visuel et le son via OSC (Ableton, Max). Le piège central n'est pas la technique : c'est la latence et la zone morte où le public ne comprend pas qu'il agit. La règle : rendre l'interaction lisible en moins de trois secondes. Une piste webcam-only est toujours prévue — personne ne repart sans un prototype qui tourne.
Ce qu'on produit : la fiche vaut plus que le code
À la sortie de l'atelier, chaque participant repart avec deux choses : un prototype fonctionnel (qui tourne sur sa propre machine, webcam simple suffisante) et une fiche de protocole d'interaction — une page qui décrit le régime choisi, les seuils, le feedback et le mode de dégradation si le tracking lâche. La fiche vaut plus que le code : c'est elle qui rend une idée reproductible et transmissible.
Pour qui, et sous quels formats
HALQA s'adresse aux écoles d'art, centres culturels, festivals et laboratoires. Les non-codeurs (scénographie, danse, performance) y sont les bienvenus : ils tiennent le rôle de concepteurs, et les prototypes s'en trouvent meilleurs. Format 3 jours (21h), 5 jours, ou masterclass 3h. En français, anglais ou arabe.
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