Un rideau de cordes pend aux avant-toits d’un palais de Fès. Les cordes sont vivantes : elles pèsent, elles se balancent, le vent les prend. On y grimpe, on saute de l’une à l’autre, on récolte les lettres qui brillent jusqu’à composer le mot demandé. Trois mots, et la caravane repart vers la steppe : le décor change, l’alphabet passe de l’arabe au cyrillique, le vent forcit.
Trois règles, apprises en dix secondes de jeu. Le reste est du geste.
Chaque corde du rideau porte un mot entier, lettre par lettre, du haut vers le bas. La physique est réelle : le poids du grimpeur tire la corde, ses appuis la font balancer.
Les lettres qui manquent au mot en cours s’allument dans tout le rideau. On passe dessus, on les prend, elles quittent la corde. Le mot se remplit dans la marge, à gauche.
Trois mots composés et la caravane repart : palais de Fès, puis yourte kazakhe. L’arabe cède au cyrillique, le vent gagne cinquante pour cent, les cordes deviennent folles.
Le jeu ne demande jamais de lire ni d’écrire. Il demande d’attraper des formes — et la reconnaissance vient par le geste, pas par la répétition.
Clavier sur écran, pavé tactile sur tablette et téléphone. Rien à installer.
Une page web autonome : elle tourne aussi bien sur une borne d’exposition que sur le téléphone d’un enfant dans le bus.
Poste en libre accès, sans compte ni tutoriel. On s’assoit, on joue, on repart.
Écran ou borne d’arcade, une manette suffit. Le rideau tourne seul entre deux joueurs.
Porte d’entrée dans l’alphabet arabe pour un public francophone — et l’inverse.
Dispositif bilingue prêt à installer, déclinable sur d’autres écritures et d’autres décors.
Artiste numérique et créateur de code, entre la France et Casablanca. Une pratique au croisement du geste géométrique marocain et du code génératif : le motif traditionnel y est traité comme ce qu’il a toujours été, un algorithme.
Le jeu est disponible pour installation, adaptation à d’autres écritures ou déclinaison en atelier. kamelghabte.me