Œuvre interactive · Studio NEONOVA · 2026
« La médina ne se visite pas. Elle se traverse — au pas du chat, de patio en terrasse, de zellige en arcade. »
Kamel Ghabte · Studio NEONOVA · exploration 3D & patrimoine
Dans les villes anciennes du Maroc, le chat règne en maître discret : il connaît chaque ruelle, chaque patio, chaque terrasse.
Libre et curieux, il est l'âme vivante de la médina — gardien silencieux du foyer, hôte des ruelles, compagnon des artisans. Le suivre, c'est adopter son regard : celui qui prend le temps, se faufile, s'arrête devant une porte sculptée, remonte une venelle au hasard. Une manière d'entrer dans la ville par sa matière et sa géométrie, plutôt que par la carte.
L'artisanat géométrique marocain — le zellige, la tastir, le tissage — n'est pas un décor : c'est un système de règles. Le maâlem ne dessine pas un motif, il exécute un protocole — symétries, interdits, rapports de proportion transmis oralement et appliqués sans écart. En ce sens, l'artisanat marocain était algorithmique bien avant l'informatique.
Le Chat de la Médina donne à traverser ce patrimoine par le jeu. Au fil des ruelles, on découvre les arcades sculptées (bab), les fontaines de zellige, les échoppes de tapis et d'épices, les terrasses de kasbah — une médina reconstruite pièce par pièce en géométrie pure.
L'ornement n'est pas une décoration : c'est un algorithme.
On y récolte les zelliges dispersés dans la ville : chaque étoile à huit branches, chaque khatam, est un fragment du patrimoine géométrique — un motif que l'on ramasse comme on ramasserait une mémoire.
EXPLORER L'ARCHITECTURE · RÉCOLTER LA GÉOMÉTRIE · SUR TOUT ÉCRAN
Exploration 3D · médina ouverte · récolter le zellige
On incarne le chat et l'on arpente librement le souk pour récolter les zelliges dispersés dans l'espace — arcades, fontaine centrale, échoppes de tapis et d'épices.
Kasbah, arcades, fontaine, souk · le patrimoine comme code
Toute la médina est modélisée en volumes simples et couleurs de terre : le bleu du ciel, l'ocre des kasbahs, l'or et le turquoise du zellige. Une manière de montrer que l'architecture marocaine, elle aussi, se construit par règles et par modules.
Une porte d'entrée ludique et sensible vers le patrimoine : on n'explique pas le zellige, on le fait rencontrer. Le format convient au jeune public comme aux visiteurs de médiathèques et d'instituts — exploration libre, sans consigne, sans niveau imposé, sur ordinateur comme sur smartphone.
Installation possible en borne / mode kiosque (écran + contrôles), ou simple partage de lien pour un usage à distance.
Kamel Ghabte est artiste numérique et créateur de code, franco-marocain, actif entre Bordeaux et Casablanca. Depuis plus de vingt ans, son travail explore l'hypothèse que l'artisanat géométrique marocain et amazigh — zellige, tastir, écriture tifinagh — constitue une forme de programmation avant l'informatique.
Il a présenté son travail dans plus de cinquante festivals internationaux — FIAV de Casablanca, ADAF d'Athènes, Ars Electronica Garden NYC, Pavillon de la Biodiversité de Venise. Premier Prix du FIAV Casablanca 2020, lauréat des ADAF Awards 2020. Il enseigne le creative coding et les interfaces multimodales à l'ESD Bordeaux, et a collaboré avec l'Institut Français, l'UNESCO, l'INA et l'AFP.