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T4 2026 — ce que j'ai appris, ce que j'ouvre en 2027

Bilan du T4 2026 : Biennale Euro-Africa, ESD Nantes, INBA Tétouan, FAN Khouribga. Ce que quatre événements en deux mois ont confirmé sur la méthode — et ce que ça ouvre pour 2027.

Kamel Ghabte · 2026

T4 2026 : quatre événements en deux mois. Quatre contextes radicalement différents.

Biennale Euro-Africa de Casablanca (15-18 octobre). ESD Nantes (module design d'interaction, octobre). Colloque Hack the Game à l'INBA de Tétouan (10-11 novembre). Festival des Arts Numériques de Khouribga (novembre).

Voici ce que je retiens — et ce que ça change pour 2027.


Ce que la Biennale a confirmé

Casablanca, c'est le bon endroit pour ce que je fais. Non pas parce que j'y suis connu — je n'y suis pas connu — mais parce que le public qui se déplace pour une Biennale d'art numérique cherche exactement ce que mes œuvres proposent : un dialogue entre patrimoine et technologie, entre territoire et données, entre matière et code.

Devant KOUTCHI, j'ai vu des gens poser les rênes avec hésitation et les tenir jusqu'à la dernière station. Devant DATA RUG Protocol, j'ai vu un ingénieur prendre la tablette et passer dix minutes à faire varier les paramètres de la ville — pas pour comprendre comment c'était fait, mais pour voir comment son territoire se dessinait.

Ce silence-là, ça ne s'optimise pas. Ça se construit.

La confirmation que je cherchais : le format fonctionne sans médiation lourde. Les œuvres conçues pour être autonomes — DERB.EXE, ZELLIGE ARTCADE — ont été opérationnelles sans technicien dédié. C'est la condition pour diffuser à l'échelle.


Ce que l'ESD a confirmé

ESD Nantes, c'est la troisième fois que j'y interviens sur un module design d'interaction. Et chaque fois, le même enseignement : les étudiants arrivent avec des projets, pas avec des réponses.

Ce que j'y enseigne n'a pas changé dans son intention. Comment penser une interface avant de la coder. Comment le corps, le geste, l'émotion doivent guider les choix techniques — pas l'inverse.

Ce qui a changé : l'IA générative fait partie du cours, pas comme gadget, mais comme matériau à comprendre et à questionner. Les étudiants qui comprennent ça — qui intègrent l'IA comme un outil avec des contraintes et des biais, pas comme un oracle — prennent de l'avance.

La confirmation : former sans créer de dépendance est possible et nécessaire. C'est le seul modèle pédagogique qui tient sur le long terme.


Ce que Tétouan a révélé

Hack the Game à l'INBA — c'était une première. Un colloque académique sur le game art et le détournement ludique. DERB.EXE présenté dans un contexte universitaire.

Ce que j'y ai découvert : la communauté académique franco-marocaine sur le game art est plus vivante que je ne le pensais. Des doctorants, des enseignants-chercheurs, des praticiens qui travaillent sérieusement sur les questions de jeu et de patrimoine immatériel.

La conversation qui m'a le plus marqué : un chercheur qui travaillait sur les règles implicites des jeux de cour marocains — ces jeux transmis oralement, sans règlement écrit, qui persistent depuis des générations. Et qui a vu immédiatement le lien avec DERB.EXE : un système qui formalise des règles jamais formalisées, pour les rendre accessibles à un public qui ne les connaît plus.

La confirmation : il y a un espace de recherche sérieux à l'intersection du jeu, du patrimoine et du code au Maroc. Je veux être dans cet espace en 2027.


Ce que la convergence des contextes dit

PME de Bordeaux. Étudiants de Nantes. Chercheurs de Tétouan. Public grand public de Casablanca.

Ces quatre contextes partagent une question centrale : comment rendre accessible quelque chose de complexe, sans le simplifier au point de le vider ?

Pour une PME : un processus métier avec ses subtilités. Pour un musée : une œuvre ou un patrimoine avec sa profondeur. Pour un étudiant : une technique avec ses contraintes réelles. Pour un chercheur : une pratique avec ses implications théoriques.

Ma méthode répond aux quatre. Ce n'est pas un hasard — c'est le résultat de dix ans de travail à l'intersection de l'art, de la technique et de la transmission.


Ce que j'ouvre en 2027

Pour les institutions culturelles : Diffusion de KOUTCHI sur le territoire français — DRAC, lieux d'art numérique (Stereolux, Le Cube, La Gaîté Lyrique). Les dossiers sont prêts, les œuvres sont documentées. 2027 est l'année de l'ancrage en France.

Pour les PME : Le pipeline de missions s'est renforcé au T4 2026. L'Audit (490€) et le Pilote (2 900€) fonctionnent comme points d'entrée. L'objectif 2027 : 2 Intégrations complètes et 6-8 Pilotes. Pas plus — la qualité prime sur le volume.

Pour les formations : L'offre formation (Masterclass, Workshop, module semestre) est plus structurée qu'elle ne l'a jamais été. Objectif : 3 nouvelles écoles partenaires, 2 entreprises, 1 programme de residences artistiques.

Pour la recherche : Suivre le fil ouvert à Tétouan. Écrire sur le patrimoine algorithmique marocain de façon plus formelle — pas seulement comme artiste-praticien, mais comme contributeur à une conversation académique qui se structure.


Ce qui ne change pas

L'intention reste la même depuis le début : construire des systèmes qui ont une intention, pas juste une fonction.

Que ce soit un agent IA pour automatiser la relance commerciale d'une PME, ou une installation VR sur la mémoire migratoire, ou un module de design d'interaction pour des étudiants — la question centrale est toujours : qu'est-ce que ce système doit permettre à la personne derrière d'éprouver ou de comprendre ?

La technologie vient après. Toujours après l'intention.


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